

SAVARD, Manon Ph.D.
L’étude de potentiel archéologique : un exercice de géographie
Le cas de l’île Saint-Barnabé (Rimouski, Québec)
Lorsqu’elles ont un objet d’étude archéologique, géographie physique et géographie humaine deviennent respectivement géoarchéologie et archéogéographie. L’étude du potentiel archéologique, qui vise à identifier les lieux les plus susceptibles de livrer des vestiges et à en estimer la nature et l’état de préservation, intègre ces deux disciplines : la géoarchéologie s’intéresse à l’évolution des paysages biophysiques, l’archéogéographie, à l’histoire de l’occupation du territoire, aux schèmes d’établissement, aux relations Homme-milieu et à leurs manifestations dans l’espace.
Les résultats de l’étude de potentiel et des inventaires archéologiques de 2009 et 2010 à l’île Saint-Barnabé (Rimouski, Québec) illustrent la contribution de la géographie aux études de potentiel archéologique. La géomorphologie nous renseigne sur la formation de l’île et sur les fluctuations des niveaux marins, ce qui nous indique quand son territoire a été émergé et disponible. L’archéogéographie s’intéresse aux limites des lots, implantés dès le Régime français et toujours matérialisées par des alignements d’arbres, des changements dans la végétation ou des sentiers. La toponymie de l'île est souvent révélatrice, mais elle a conduit la recherche d'une source d'eau douce sur une fausse piste. L’histoire nous apprend que l’île Saint-Barnabé a été occupée depuis au moins 1728 et nous renseigne sur les formes d'occupation et d’exploitation dont elle a fait l'objet par la suite. L'inventaire a finalement livré des indices d'une occupation amérindienne et des vestiges d'activités domestiques, agricoles, forestières et récréatives du XVIIIe au XXe siècle.