Argilos - Mission archéologique gréco-canadienne

La mission archéologique gréco-canadienne d'Argilos est un vaste projet de collaboration entre l'Éphorie des Antiquités Préhistoriques et Classiques de Kavala et l'Université de Montréal. Sous la direction de Zisis Bonias et de Jacques Perreault, la mission accueille chaque année une vingtaine d'étudiants canadiens et européens, assistés d'ouvriers qualifiés et de chercheurs spécialisés dans divers domaines de l'archéologie grecque (architecture, céramique, numismatique, etc.). Les résultats des recherches sont publiés dans des revues scientifiques grecques et étrangères et plusieurs conférences ont été données tant en Europe qu'en Amérique.

Située en bordure de mer, à 4 km à l'ouest de l'embouchure du Strymon, la ville antique d'Argilos occupe la colline dite "Palaiokastro". Avec une acropole culminant à 80m d'altitude, cette colline est isolée par des ravins sur les côtés ouest et nord et descend en pente douce vers la mer du côté sud-est. Le site d'Argilos fut identifié par P. Perdrizet en 1883. Ce chercheur s'était fondé sur les écrits d'Hérodote, qui racontent que lorsque les Perses traversèrent le Strymon, en route vers la cité d'Athènes qu'ils voulaient conquérir, la première ville qu'ils rencontrèrent fut Argilos. Le site fut revisité par P. Collart et P. Devambez en 1930 mais aucune fouille ne fut entreprise. À la fin des années 70, quelques tombes de la nécropole d'Argilos ont été fouillées par le service archéologique grec. Les recherches systématiques n'ont toutefois débuté qu'en 1992, par une équipe conjointe de chercheurs grecs et canadiens.

La problématique générale de nos recherches est axée sur une meilleure compréhension de la mise en place et de l'organisation des colonies grecques sur la côte Nord-Ouest de la Mer Égée, grâce à la fouille systématique du site d'Argilos. Certains aspects primordiaux des processus de la colonisation grecque au VIIème siècle dans cette région n'ont été que peu ou pas étudiés et l'état exceptionnel des vestiges découverts jusqu'à maintenant sur le site nous permet d'aborder des questions fondamentales liées aux contacts culturels entre Grecs et non-Grecs et à l'urbanisme colonial. Comment prend naissance une ville, fondée sur un territoire peut-être peu hostile mais certainement fort différent des terres d'origines ? Quel est le rythme de son développement et par quoi celui-ci est-il conditionné ? Quelle est la nature des contacts et comment s'organisent les échanges avec les populations indigènes ?

Afin de répondre à ces questions, les chercheurs ont concentré leurs recherches dans trois zones du site : en bordure de la mer, où ont été découverts les niveaux d'occupation les plus anciens de la ville ; sur le flan Sud-Est de la colline, où ont été dégagés d'imposants bâtiments publics et privés qui témoignent du rythme du développement urbain; et sur l'acropole du site, où les structures couvrent toutes les périodes d'occupation du site et notamment celle de la réoccupation à l'époque hellénistique, à la suite de la destruction de la ville par Philippe II en 357 av. n.è.

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